[Parole d’expert] A l’ère du digital, votre stratégie de formation pourrait-elle être plus efficiente ?

Pour rendre l’apprentissage à la fois plus efficace et plus pérenne, les acteurs de la formation rivalisent de créativité. Toujours plus innovantes, les nouvelles solutions inondent le marché, avec des technologies prometteuses : réalité virtuelle ou augmentée, chatbots, intelligence artificielle… Pour les entreprises, il faut désormais faire le bon choix parmi une multitude de modalités pédagogiques disponibles. Mais attention à ne pas perdre de vue l’alignement de sa stratégie formation avec les enjeux business de son entreprise !

L’amélioration des connaissances et l’acquisition de nouvelles compétences, tout au long de la vie, deviennent une nécessité, quel que soit le secteur d’activité. Les pouvoirs publics en ont pris conscience, comme en témoigne l’actuelle réforme de la formation professionnelle. D’autre part, le secteur de la formation est particulièrement dynamique : de nombreuses startups proposent de nouvelles solutions pour mieux apprendre.

Pour les entreprises qui souhaitent accompagner leurs collaborateurs dans une démarche d’employabilité, l’enjeu consiste désormais à revoir l’état d’esprit et les solutions qui composent leur stratégie de développement des compétences. Pour Sophie Massoulier, Directrice Ingénierie et Digital Learning chez FuturSkill, les avancées technologiques et les nouvelles tendances qui révolutionnent la formation doivent avant tout être mises au service de la transformation de cette stratégie.

Quelles sont les grandes tendances aujourd’hui en matière d’apprentissage ?

Sophie Massoulier. Ce qui me frappe et me réjouit en premier lieu est l’intérêt récent pour les neurosciences. Nous connaissons de mieux en mieux le fonctionnement de notre cerveau et sommes désormais capables d’en déduire des bonnes pratiques en matière de formation (importance des temps de pause et de répétition, mémoire émotionnelle et ancrage mémoriel…). Ceci remet au goût du jour les métiers liés à l’ingénierie pédagogique qui avaient un peu disparus du fait d’un intérêt à une surenchère technologique. Autre grande tendance qui change la donne, c’est l’accès croissant du plus grand nombre à l’information. La formation n’a plus pour objectif de « dispenser un savoir » mais doit plus que jamais permettre la mise en application de ces savoirs.

Que constatez-vous du côté des apprenants ?

Sophie Massoulier. Les apprenants sont évidemment les premiers concernés par ces évolutions. D’une part, la formation est de plus en plus individualisée, avec un apprentissage différencié et adapté en fonction des préférences d’apprentissage des individus (adaptative learning). D’autre part, on constate une exigence toujours plus grande du côté des apprenants, à qui doit être proposée une véritable learning experience. La formation se conçoit de plus en plus comme un service ! J’évoquerais également le développement de l’apprentissage informel lors d’actions simultanées « travail/formation » et d’échanges au travers de communautés de pratiques.

Quels sont les principaux défis liés à la mise en place d’une stratégie de formation performante?

 Sophie Massoulier. Pour les entreprises, la première des nécessités consiste à aligner leurs enjeux formation à leurs enjeux business ! Il faut donc que le service formation se positionne comme un véritable Business Partner (et plus comme un service support). Il doit être présent dans les CoPil des grands projets stratégiques de l’entreprise. La contrepartie est d’arriver à démontrer l’efficience de la formation, ce qui doit passer, à mon sens, par une nouvelle organisation de ce service formation. Cela ne va pas encore forcément de soi, mais il est parfois plus pertinent de se placer dans une démarche d’innovation continue, en allant chercher des experts en externe, notamment sur les compétences de niche, plutôt que de vouloir internaliser à tout prix. L’autre écueil de taille en matière de formation tient évidemment aux évolutions du cadre législatif : la dernière réforme de la formation professionnelle a redistribué les cartes et les entreprises doivent trouver comment en tirer parti !

Quels sont les principaux types de dispositifs d’accompagnement proposés par FuturSkill ?

 Sophie Massoulier. FuturSkill est positionné sur l’ensemble de la chaîne de valeur du développement des compétences. Nous proposons du conseil en optimisation de la stratégie de formation, qui comprend l’ensemble des aspects – pédagogiques, technologiques, logistiques et financiers – liés à la mise en œuvre des actions de formation. Notre expertise comprend également l’architecture des dispositifs de formation, dont les modalités pédagogiques sont désignées sur deux plans : la modalité elle-même et sa cohérence avec les autres. Par ailleurs, notre conviction, c’est que tout dispositif doit s’appuyer sur 3 temps forts : un assessment individualisé des compétences, une formation multimodale digitalisée, et une mesure continue des acquis. L’atteinte des KPIs définis en amont est une priorité stratégique et une garantie de satisfaction à la fois pour les apprenants et pour les entreprises.

Comment la technologie peut-elle être mise au service d’un apprentissage plus efficace pour les apprenants ?

 Sophie Massoulier. Je distingue 4 grandes familles de technologies récentes dont l’apport est déjà significatif. D’abord, les réseaux sociaux, qui permettent un partage élargi des connaissances (peer-to-peer learning ou social learning). Le mobile, bien-sûr, est une autre technologie qui révolutionne la formation, en la rendant possible ATAWAC (AnyTime AnyWhere AnyContent). La virtualisation, ensuite, s’impose progressivement, avec le développement de technologies – réalité virtuelle et augmentée – permettant l’immersive learning et la formation expérientielle. Enfin, l’intelligence artificielle constitue un autre atout, avec le développement de l’adaptative learning grâce aux algorithmes ou aux tuteurs virtuels sous la forme de chatbots. Dans tous ces cas, si elle apporte agilité, flexibilité et instantanéité, la technologie ne remplace pas entièrement l’intervention humaine mais la recentre sur ce qui fait sa valeur ajoutée.

Comment embarquer l’ensemble des collaborateurs dans un programme de formation ?

 Sophie Massoulier. Embarquer l’ensemble des collaborateurs, et pas seulement une poignée d’individus, est primordial dans toute démarche de montée en compétences. ! Nous savons déjà que les individus n’apprennent pas tous de la même façon. Grâce à notre solution « SkillLearning », chaque apprenant peut découvrir son style d’apprentissage, mais aussi comprendre ce que les autres profils d’apprenants vont pouvoir lui apporter… et réciproquement. Ainsi, chacun est tour-à-tour dans une posture de contributeur ou d’apprenant, ce qui maintient l’engagement, au même titre que l’implication des managers. En fait, c’est l’entreprise tout entière qui doit incarner cet engagement : c’est un nouvel état d’esprit à adopter, qui tient compte de toutes les parties-prenantes, qu’il s’agisse des clients, des fournisseurs ou des prestataires. Pour être efficace, la formation ne doit plus se borner au territoire traditionnel de l’entreprise, mais englober l’entreprise étendue dans une démarche d’organisation apprenante.

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